Recherche humain désespérément !

Hier soir avait lieu la soirée annuelle de l’ANDRH remettant respectivement le stylo d’or et la souris d’or au livre et blog RH de l’année. Une soirée de remise de prix un vendredi soir d’automne, ce n’est pas forcément l’idée première que l’on se fait d’une bonne soirée. Mais clairement, les échanges valaient largement le déplacement ! Notamment la table ronde réunissant les auteurs des trois livres en compétition.

Etonnamment, bien qu’ils traitent de thèmes apparemment différents, ils se rejoignaient finalement autour d’un thème qui nous est cher : l’humain ! Au programme : la conversation, l’amour, le travail (au travers de l’ubérisation). Soient trois facettes essentielles de notre vie.

Je vous laisserai évidemment le soin de découvrir ces livres et ne compte pas faire un résumé de chacun. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant c’est que plus on souhaite se projeter dans le futur, plus l’on est contraint d’explorer le passé afin de trouver les traces de ce qui fait de nous des être humains. Le simple fait de converser, comme cela se faisait dans les salons où l’on cause, en fait partie. Même si l’auteur, Guillaume Villemot, rappelle pertinemment que la conversation était réservée en France à une élite, alors qu’en Angleterre elle était accessible à tous.

Osez les conversations

Mais nous accordons-nous encore ce temps ? Quand on voit les piétons traverser n’importe comment au péril de leur vie pour gagner quelques secondes, alors qu’ils ne sont parfois même pas pressés, on se demande si le fait de gagner du temps n’est pas devenu un sport national, une quête n’ayant qu’un sens endogène. Un sport dont les vainqueurs sont en fait les grands perdants puisqu’ils ont oublié un état, une valeur essentielle de l’être humain : l’oisiveté ! L’oisiveté n’est-elle pas une valeur refuge permettant de nous différencier facilement des robots ? 

Si, comme on peut l’imaginer, des robots occupent demain des emplois auparavant réservés à nous autres humains, quelle que soit la couleur de nos cols, il faudra bien apprendre à redevenir oisif. Mais saurons-nous encore comment faire ? Nous qui selon Jean-Michel Besnier avons troqué la réflexion contre la réactivité. Alors que, contrairement aux machines, nous sommes des êtres de signes et non de signaux.

A moins que l’on ne décide de consacrer notre temps redevenu libre à des activités qui nous seraient vraiment dévolues. Mais selon Jean-Michel Besnier et Laurent Alexandre, le fait de faire l’amour ne fera peut-être plus partie de ces activités. Leur livre – qui s’est vu remettre le stylo d’or – faisant écho à celui de David Levy, « Love+Sex with robots ».

Et on comprend en discutant avec Denis Jacquet qu’ à moyen-long terme, ce n’est pas l’ubérisation de nos industries qui préservera nos emplois face aux machines. Finalement, la réponse de savoir ce qu’il nous restera, à nous autres humains évoluant dans un monde robotisé, réside peut-être dans les yeux des auteurs présents hier soir. En particulier dans ceux de Denis Jacquet, brillant d’une flamme quasi enfantine. Et si le propre de l’humain n’était tout simplement pas de rêver ? D’imaginer, de s’extasier, de s’effrayer, pour rien, en vain…. Sans autre but que de laisser libre cours à son imagination, à ses émotions. Conscient de lui-même et de ce qu’il ressent, de ce qui traverse son esprit. Cette réflexion faisant bien sûr écho au livre de Philippe K. Dick ayant inspiré Blade Runner : « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?« .

Ubérisation

Comme le disait justement Denis Jaquet, nous n’arrivons pas à prédire la météo à trois jours, alors bien malin celui qui pourra dire ce qui se passera dans trente ans. Mais assurément l’ANDRH nous a offert avec cette soirée une belle tranche de science-fiction. Vivement la prochaine édition 😉